Hier je suis allée visiter le Salon du Livre de Trois-Rivières. Et le tout, gratuitement, grâce à Anne qui avait des places de reste. Merci Anne !!! :)Anne, habituée du Salon du Livre de Bruxelles m'avait prévenu que c'était minuscule. Elle avait raison ! ^^ Bon, en même temps, on est à Trois-Rivières (130 000 habitants), au Québec (où les livres sont hors de prix - j'y reviens tantôt). Ceci explique aussi probablement cela.
Malgré tout, ça a quand même été un très bon moment pour moi. Il faut dire aussi que je renouais avec ma vie normale (ou quasi) après mon lumbago, malgré un mal au dos encore bien présent. Je sortais enfin de chez moi et pour avoir du fun, faire ce que j'aime. Cette sortie ne pouvait donc être qu'empreinte de joie et de liberté retrouvées.
J'ai flâné dans les rayons, repérer des trucs cools (ça vous dit tout de suite de quoi je parle n'est-ce pas ? ^^). J'ai craqué devant la belle bouille de Billy Stuart, un raton laveur, héros de livre pour enfant. J'ai trouvé drôle certains titres de livres ou bien encore les histoires qu'ils content : Journal intime de la belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige par exemple.
Alto : une vraie maison d'édition de livres
J'ai eu surtout deux gros coups de cœur. Le premier d'entre eux a été pour la maison d'édition Alto. Je n'en avais jamais entendu parler mais mon amour des belles choses m'a fait stopper net devant leur kiosque. Je rappelle à mes lecteurs que j'ai sévi pendant de nombreuses années dans le domaine de l'imprimerie. Donc j'aime ça les livres, le papier, les vernis, pelliculages et autres reliures. Et là, wow ! Juste de magnifiques livres sur ce stand.
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| le kiosque des éditions Alto |
Ma première surprise a été de trouver un roman relié. Les non-connaisseurs en imprimerie vont peut être avoir du mal à me suivre mais je tente ma chance ;) La quasi totalité des livres que nous achetons (les livres au format de poche par exemple) sont brochés : les pages sont assemblées entre elles par de la colle, et la couverture en grammage plus épais est elle aussi collée dessus. La qualité, ainsi que la durée de vie d'un tel produit (et je ne parle même pas du papier utilisé pour les poches, juste du type de façonnage) est très discutable. Une reliure, c'est beaucoup plus rare. Ca coûte surtout beaucoup plus cher à fabriquer. D'où la rareté dans le tsunami de l'offre éditoriale qui depuis longtemps a fait le pari de la quantité au lieu de la qualité. Bon, mais c'est un autre débat.
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| voilà la reliure en question. Regardez son prix. Fou, non ? |
Je reviens à ce roman précis. Relié donc. Pelliculé mat et vernis sélectif brillant sur la couverture. De toute beauté. Je regarde son prix, m'attend à un chiffre énorme, et là, deuxième surprise : il ne coûte qu'à peine plus de 25$.
J'ouvre une parenthèse sur le prix des livres au Québec. En terme d'habitants, si on le compare aux plus de 63 millions de personnes vivant en France, 7,5 millions au Québec, ça ne pèse pas lourd à côté. Beaucoup de livres en vente au Québec sont donc publiés par des maisons d'éditions basées en France ou ailleurs en Europe. Il y a donc forcément des frais de transport. Mais quand même…
Pour vous donner un exemple, je voulais (r)acheter l'autre jour L'Alchimiste de Paulo Coelho en poche. Il était à 11,95$ (+ taxes bien sûr). Son prix de vente en euros était imprimé dessus : 5,60€ (taxes incluses). Que le prix au Québec tienne compte des frais de port, je veux bien mais doubler le prix, faut pas charrier !
Par ailleurs, j'ai acheté il y a deux semaines un livre de décoration édité et imprimé ici au Québec : un livre en couleurs de plus de 200 pages, grand format, avec un papier de grammage supérieur… et il ne m'a coûté que 9,95$.
Tout ça pour vous dire que je ne sais pas qui des éditeurs ou des distributeurs français se fout de la gueule des lecteurs québécois mais je trouve ça vraiment lamentable.
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| un effet mal massicotté, j'adore!!! :) |

Repartons sur une note beaucoup plus positive. Je reviens à l'éditeur Alto, qui existe depuis 6 ans maintenant et emploie 3 personnes. Voilà pour moi un éditeur de livres papier dont l'existence est totalement légitime et même mieux : plus que souhaitable. Voilà des gens qui ont enfin compris qu'un livre, c'était aussi un objet et pas juste un support lambda pour (tenter de) gagner de l'argent avec. Tous les livres vus sur leur stand sont beaux ou alors magnifiques. Ce sont de vrais objets d'art, certes industriels mais pensés comme de beaux objets. Que ce soit le choix de l'iconographie, des papiers, des surfaçages des couvertures, tout a vraiment été réfléchi. Et avec bon goût.
Ca doit vous paraître stupide, mais ça me fait un bien énorme de voir qu'il y a encore des gens sur cette planète pour qui l'esthétique fait encore du sens. Merci à Alto d'exister ! Je vais sans nul doute suivre de près leur production !
Micheline Duff : une auteure et un personnage attachants
Le deuxième coup de cœur, je l'ai eu pour une auteure.
Alors que je regardais des livres sur un présentoir (hum ! pas les siens… -sic !- ceux juste à côté), j'entends une belle voix me dire " vous êtes au bon endroit, ce sont les meilleurs livres !". Je lève la tête dans sa direction, un sourire sur les lèvres parce que ç'aurait été tout à fait mon style de dire ça. Ca commence bien, on a le même humour. On engage la conversation. Micheline Duff est un phénomène. Jugez plutôt : elle vit de son écriture. C'est un fait tellement rare (contrairement à la légende urbaine colportée de l'écrivain qui vit de sa plume) qu'en soi, elle est déjà comme un petit miracle sur pieds.
Cette dame m'étonne. Mieux, elle m'épate. Elle sait tellement bien parler de ses livres et de l'histoire autour de la rédaction de ses livres qu'on lui prendrait volontiers tout son stock. Elle s'est mise à écrire des romans à 55 ans après qu'une correspondance qu'elle avait entretenue avec quelqu'un pendant des années se soit achevée. Elle parle avec tant de passion de son métier qu'elle ne peut que donner envie d'écrire.
C'est toujours difficile de décrire l'alchimie d'une rencontre mais je me souviendrais longtemps de cette dame. Physiquement, elle ressemble un peu à ma mère avec ses cheveux courts bruns, ses lunettes, sa carrure. Elle m'a gentiment dédicacé l'un de ses ouvrages que j'ai acheté : Mon cri pour toi, l'histoire d'un détenu à perpétuité conté par sa professeure de piano. Je n'en ai pas encore entamé la lecture mais j'ai vraiment hâte.
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| Micheline Duff et moi : |
Après avoir papillonné sur d'autres stands, discuté ici et là, j'ai fait un 2e achat. Mais je ne suis pas sûre que ce livre tienne tous les espoirs que j'avais fondé en lui. T'es con, point de Doug Harris commence bien : un héros, maladroit, un peu loser de l'amour, couche avec la copine de son meilleure ami. J'aime le ton du début, la description du personnage. Mais dès le 3e chapitre, ça a l'air de changer pas mal de registre. A voir donc…
Je suis désolée, mon article est long mais je ne peux pas parler de livres, de lecture et de littérature dans un article à la longueur "twittable". Je n'ai pas tout raconté de mes rencontres mais ce fut vraiment un bon moment pour moi.
A 3$ l'entrée, je ne peux que vous inviter à vous rendre au Salon du Livre de Trois-Rivières qui fermera ses portes dimanche.







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